Direction le Sud et la cité phocéenne plus connue pour son port pittoresque, son club de foot et ses groupes de Rap que pour sa scène Skinhead, voire Early-Reggae. On peut pourtant y rencontrer Big 5... Big 5 comme le chaud morceau et suffoquant album de Prince Buster, mais aussi comme l'un des skinzines phare de la décennie 90's. Un sacré bon exemple d'activisme et de longévité... Et avec la manière, svp!

No matter what people say, Big 5 shows the way!


Bon, la question traditionnelle, celle par laquelle on commence habituellement par ici : le Reggae, tu y es arrivé comment ?


Big 5 & Georgy BoyPar goût, simplement. En fait, j’ai grandi en cité et déjà les sonorités blacks étaient présentes avec le Funk et la Motown (Steevie WONDER, Anita WARD, CLINTON, Bootsy COLINS, le grand James BROWN…), le Rap n’en était qu’à ses débuts en France. On connaissait le GRAND MASTER FLASH, PUBLIC ENNEMY et pas grand chose d’autre. C’était le temps de Sidney et son émission télé. Les kids des cités ouvrières s’identifiaient plus au vécu et aux sons des artistes US (Funk et Hip Hop) qu’aux merdes radios de l’époque. De plus, cela était assez vivace, du moins dans mon quartier car déjà des battles de danses avaient lieu à la maison de quartier.


C’est histoire de sensibilité : je ne suis pas rocker dans l’âme, a black inside so!



Et le mouvement skinhead, comment l’as-tu découvert? Quelles sont les raisons qui t’ont amenées à t’y identifier? Comment le définis-tu toi-même?


Le mouvement skin est venu par la suite lorsque j’avais 16 ans, par l’influence du foot et de mon grand frère. Déjà, quand nous étions petits, notre mère nous amenait au stade. Par la suite, en tant qu’ados, supporter notre club (Montpellier Hérault Sport Club) était vécu différemment : on est jeunes, on est cons et on veut se battre avec les gars d’en face. Le côté hool est bien plus attrayant, grisant que tranquille pépère avec son sandwich!


Les gars que je fréquentais au stade (les potes de mon frère) étaient, eux, des gars peut-être pas très finauds, mais sincères. Eux étaient skin, comme on dit maintenant skin 80.

Certains étaient déjà allés à Londres, d’autres n’avaient pas plus de repères culturels anglais que les reportages télés bidons (c’était coutumier : un coup les sectes, un coup les pitbulls, un coup les Skins), mais l’esprit street, violence, était là.


On se faisait des virées au stade et aux concerts pour foutre sur la gueule aux Punks et autres alternos. Comme j’te disais, c’était pas finaud mais en tous cas très stimulant pour un ado!


En fait, à Montpellier, si tu voulais être à la mode comme tous les autres jeunes, pas sortir du lot, il fallait être alterno (Punk ou Psyko). Ce conformisme m’écœurait! Le trop plein de haine que je pouvais avoir en moi (amertume, et j’en passe) ne pouvait être canalisé que par ce truc skinhead.


Il y avait un gars qui travaillait comme vigile à la FNAC de Montpellier. Lui était anglais et avait vécu la période 69 avant de virer comme bon nombre de ses pairs dans le National Front. Il en était revenu et avait toujours de l’attention et de l’estime pour les jeunes que nous étions. Lui aussi a compté pour moi dans mes premières années.


Par contre, on était en plein dans les questionnements. Les Skins anglais et même les Punks arboraient l’Union Jack sans faire d’état d’âme, tandis qu’en France porter un patch tricolore portait déjà à confusion. Le contexte social mitterrandien, le « Touche pas à mon pote » et autres conneries de gauchistes créaient un climat à la con. Etre Skinhead en France ne pouvait être vécu de la même façon. La plupart ont fait abstraction de tout ça, tandis que d’autres… On partageait tous des valeurs Be Clean/Be Skin. En fait, c’est ça qui m’a le plus attiré dans le truc skin, le fait de ne pas être sans foi ni loi, d’avoir une conscience et de s’appuyer dessus.



J’imagine qu’être un Skinhead traditionnel dans les années 1990 à Paris n’était pas tous les jours facile à vivre…


Par la suite, je suis en effet allé vivre à Paris pour le boulot. Je me disais aussi que quitter ma ville n’était pas une si mauvaise chose, puisque je me rapprochais de l’Angleterre!


Le contexte était hardcore, c’est vrai! T’arrivais de province dans la capitale où la présence skin avait déjà un passé mouvementé. Là, on n’était plus dans les questionnements que je t’évoquais : les camps sont tranchés, il y a très clairement des boneheads, des chasseurs (Green Berets, Ducky Boys, Rudy Fox, Red Wawas, et j’en passe). Mais tout ce petit monde ne se croisait pas tous les jours, et, en désespoir de cause, tapait un peu sur tout le monde. Ca partait du principe « j’te connais pas, t’es donc pas comme moi, j’t’fous sur la gueule »!


entre amisJe me souviens d’un des premiers concerts que j’ai pu faire. J’étais allé voir BANLIEUE ROUGE, qui se caractérisait par des textes aux positions sans ambiguïté, et v’là qu’on vient me brancher comme si j’étais un nazi ou autre de droite qui irait payer sa place pour assister à un concert de rouges! Heureusement, j’me suis constitué un cercle d’amis au travers de mes virées en concerts et à Patate Records. Avec des gars comme Julien (OUTSIDERS), Beck (HAPPYKOLO), Eric (Symphonie Urbaine Fanzine), Daniel (Chéribibi), Charly (8°6 CREW), Squal, Duc, Arnaud de Gennevilliers, et d’autres, le courant est passé. On avait la même approche : ni rouge ni faf, seulement skin! Les gars de Jussieu (Fred/Fantomas fanzine) étaient OK. Eux aussi organisaient des soirées et, avec les matchs à Saint-Ouen (Red Star) et les nombreux concerts, c’était à vivre! Facile ou pas!



Aujourd’hui, à l’heure du web, des forums, de myspace et consorts, comment vois-tu ce milieu? A-t-il selon toi plus ou moins de vitalité qu’avant, toujours ou pas les mêmes travers, y’a des choses qui ont évolué d’une manière ou d’une autre?


Ben, c’est sûrement plus fastoche de prendre contact avec des gars, de se tenir informer des concerts et soirées, puis ceux qui se bougent pour la scène ont un réel écho. De là à dire qu’on est dans le real world! C’est bien évidemment plus vivace : les jeunes ont beaucoup plus de facultés pour acheter de la galette ou des fringues. Mais, au risque de passer pour un vieux con, avant, tout avait lieu dans la rue, être Skin c’était un truc de rue. Pour rencontrer des gens, ‘fallait aller dans la rue, aborder/discuter dans la rue. La tradition orale c’était important, on respectait les aînés et, sans pour autant sucer, on avait conscience de ne pas inventer l’eau chaude. D’autres l’avaient fait auparavant!

J’ai toujours considéré que, si quelque chose te déplaît, n’aie pas la prétention de le changer, accepte-le tel qu’il est ou alors passe à autre chose.


Etre dans sa chambre, pianoter sur son ordi et se rassurer en se disant que l’on a X amis sur myspace… Certes, ce sentiment d’être paumé dans son coin à vivre un truc qui vous est propre n’a plus trop raison d’être, OK, mais une certaine superficialité dans les rapports s’est installée. Sous prétexte qu’on a discuté avec un guss sur le net n’en fait pas pour autant un pote, rien ne peut remplacer les tranches de vies!


On ne peut être à la fois dans une certaine tradition et dans les avantages d’une société actuelle, paradoxe! Je suis dans une certaine réserve vis-à-vis de tout ça. Les choses vont très vite de nos jours et le milieu skin apparemment ne pouvait y échapper!


En tous cas, et on peut se réjouir, les jeunes Skins sont bien plus cultivés que l’on pouvait être à l’époque. L’info circule et les téléchargements vont bon train.



Et l’envie de faire ce fameux fanzine qu’a été Big Five, comment t-est-elle venue? Peux-tu nous raconter un peu son histoire, ses objectifs et le contexte dans lequel cette publication évoluait, je veux dire rapport aux autres fanzines du genre qui se revendiquaient soit Skinhead soit Reggae?


Couv Big5#7Big Five était dans ses premières versions un gratuit que l’on distribuait a la FNAC et dans les disquaires indé sur Montpellier. En fait, il est né pour être un prolongement de l’émission de radio que nous faisions sur Radio Clapas (Do The Reggae). Nous n’avions qu’une heure d’antenne et ça nous frustrait quelque peu. On a tout de suite choisi de le faire gratuit pour qu’un éventuel prix ne soit pas un frein à sa distribution. Du coup, il partait bien. C’était l’époque des fanzines fait sans ordinateur : du découpage, des collages, des impressions photocopies, du roots!


Comme j’étais jeune et pas super cultivé sur le Ska ou le Reggae, les articles n’étaient guère documentés. Il s’agissait juste de faire part des choses que j’apprenais moi-même au fur et à mesure de mon engouement. Je lisais déjà les fanzines existants (Fantomas, Symphonie Urbaine, The Nutcase, Zoot, et le cultissime Skinhead Times fait par G. Marshall…). Le niveau général des zines était très bon, malgré la conception artisanale. Par la suite, Big Five s’est étoffé. On abordait la culture skinhead sous toutes ses formes et, durant deux numéros, David s’est occupé de la partie Oi! et Punk. Notre culte skin est digne et mérite le respect de tous. C’est pourquoi le support papier peut participer à cette reconnaissance.



C’était quand même un sacré challenge à l’époque de sortir ces quelques pages au niveau des informations à collecter, des disques à trouver aussi...


Un challenge, je ne sais pas, un plaisir, oui! Les infos, je les collectais tout d’abord pour ma culture personnelle et, comme je te l’ai dit, il s’agissait de partager cela.


Les sources étaient diverses, au hasard de rencontres, en discutant, en correspondant avec des Anglais. J’ai aussi passé pas mal de temps à Beaubourg où énormément d’articles d’époques de quotidiens anglais étaient sur visiofilms. Au début, tout simplement traduire les notes inclues dans un disque renseignait beaucoup. Puis ‘faut pas toujours faire dans la recherche, surtout pour des chroniques. C’est plus vivant de faire part de ressentis persos, sinon l’on risque de tomber dans l’encyclopédique pompeux!


Je suis curieux de nature, et on l’est toujours bien plus pour ce qui nous intéresse.



J’avais pas conscience que ce zine avait commencé à Montpel… Et qu’il est passé par la capitale avant de finir à Marseille, tes alléas quoi… Il est parru de quand à quand en fait?


Les premiers exemplaires ont du être faits en 1988 et le dernier une dizaine d’années après. Les deux derniers numéros bénéficiaient de couvertures couleurs cartonnées et furent tirés à 400 ex. Mais comme j’étais toujours foutrique, la périodicité de sortie c’était du n’importe quoi!



Il suffit de feuilleter un numéro de Big Five pour se rendre compte que t’as une jolie collection de vinyles… Ou peut-être n’est-ce pas entièrement la tienne? Comment, sans e-Bay et Internet se procurait-on ces disques qui aujourd’hui encore sont bien rares dans les boutiques même spécialisées en France?


fanzinesLà aussi, c’est au fil du temps qu’on se constitue une collection. Peut-être aujourd’hui, avec E-bay et le net, c’est bien plus facile pour choper de la galette, mais à quel prix! Je suis consterné de voir ce que cela est devenu, on est très loin du pouvoir d’achat de la working class!!! Une musique de va nu-pieds (Streggae!) pour une clientèle aux poches bien pleines! Quand on pense que bon nombre d’artistes tournent encore, pour leur plaisir, mais aussi sûrement parce qu’il non pas vécu comme il aurait dû de leur musique. Et, à côté de ça, des malins qui font leur bizness en vendant leurs vinyles aux enchères!!!!


Déjà, à l’époque, tu traversais La Manche, poussais jusqu'à Londres et certes les bacs étaient bien fournis mais les prix étaient déjà pas super abordables. J’avais pris le parti de sillonner l’Angleterre, de sortir de Londres, d’aller ailleurs que chez les disquaires où tous les Skins allemands, espagnols et français venaient se fournir! Les prix, je t’assure, étaient tout autres. Je crois bien que, si j’étais ado de nos jours, je téléchargerais du reggae en MP3 et me ferais une raison! C’est devenu un truc pour gars friqués, et nous ne parlons pas des fringues!


J’ai quand même du claquer beaucoup beaucoup trop d’argent dans les skeuds!


Mais tout cela n’est pas bien important. En Reggae comme en Soul, les productions sont innombrables. Il nous faudrait plusieurs vies pour acheter un max de vinyles.


Je ne pense pas que la sincérité ou le « degrés d’appartenance » à un truc se mesure au nombre de disques que tu as dans ton salon.



Vu que ça n'a pas l'air d'être trop ton truc, peux tu nous expliquer la présence de pas mal de matos Oi! dans quelques Big5? Une manière de donner à voir le trip dans son ensemble?


Non en fait plutôt une opportunité, un lecteur (David) m’avait contacté et se proposait de prendre en charge cela, c’était pas la ligne éditoriale de départ mais comme le feeling est passé et qu’il ne faut encourager les initiatives j’ai dit ok pourquoi pas.


Ce type est une bible en Punk Rock et Oi!, un passionné qui savait faire partager, son enthousiasme forcait le respect. J’ai moi même beaucoup appris avec lui sur cet aspect la du mouvement skin alors que j’étais de bien mauvaise foi et considérait seulement le Reggae et la Soul en fait. Une vrai énergie existe dans la Oi! anglaise mais comme je te le disais je ne suis pas rocker dans l’âme ! Aujourd’hui j’ai bien de la peine a devoir admettre que le Hard-Core est une musique qui a compté pour les Skins dans les années 90, c’est ainsi!



Les disponibilités de certaines boutiques de disques de l’époque, à Paname ou Marseille, ont-elles, en un sens, influencé tes choix en matière musicale?


Non, sinon je n’aurais sûrement pas persévéré dans cette voie-là! Y avait quand même Patate Records, Blue Moon, Croco Disc à Paris, la Maison Khan a Marseille, La Seranne/Black & Blue a Montpellier et les listes de distri comme Musical Injection, JAM1, celle du Moonshot Klub Paris ainsi que les anglais (celle de Michael de Konigh de Duddley, Icicle…). Il y avait des plans skeuds variés du simple Ska Revival (Unicorn rcds, Skank rcds…) a l’Early et Skinhead on trouvait ce qu’on voulait, le seul frein a toujours était la money.



Des préférences de style ou un producteur en particulier? Un Top 10 de tes titres favoris de tous les temps?


Oui, bien entendu les prods de Laurel AITKEN sur New Beat, les Derrick HARRIOTT sur Crystal, du JIVE au Dj de SCOTTY, tout ce que DENNIS ALCAPONE a pu toaster comme standards DUKE REID, le punchy style de Dave BARKER, les prods de COXSONNE, et tout spécialement les instrus des SOUND DIMENSION. En groupes vocaux, les HEPTONES, les KINGSTONIANS. Les bons gros délires Funky Reggae des UPSETTERS, les RUDIES et FREDDIE NOTES, la superbe voix de Marcia GRIFFITH, le style plus rough des HOT RODS, les productions de DANDY LIVINGSTONE sur Downtown….


Le Reggae regorge de perles, et c’est pas tant l’œuvre d’un artiste en particulier, mais des morceaux ça et là.


Carlton MOORE - Soul Jamaice on Moodisc HM7973

DRAGONNAIRES - We Five on Trojan TR 7761

COLLINS STARS - Hallelujah on Randy CR 3001

George LEE - Burial of Longshot on Downtown DT441

Patsy FIRE - In Your Wire on High Note HS007

JUMBO STERLING - My Sugar Ain’t Sweet on Sioux SI023

JACKIE's BOYS - Cum-Ba-La on Bread BR 1104

Irvin BROWN - Let’s Make It Up on Bamboo BAM61

PAVEMENT - Double Dekker Of A Man on Crystal CR7005

Laurel AITKEN - If You’re Not Black You’re White on JJ DB1197

ASTRONAUTS - Banana on Halagala HG14

HONEY BOY - Ten Commandment Of Man on Love 0020

THE MARVELS - Some Day We’ll Be Together on Gas GAS 139

Slim SMITH - Love Makes Me Do Foolish Things on Unity UN513

Owen GRAY - All The Love on Supreme SUP206



Je crois que tu mixes de temps à autres au sein du One Soul Sound System, pas très loin du Vieux Port… Comment ça se passe? Ces soirées sont-elles bien accueillies à Marseille, quel en est le public?


Le One Soul œuvre depuis l’an 2000 maintenant. Il est composé d’un canal historique avec Georgie Boy et moi-même, auquel viennent se rajouter des guests de temps en temps. One Soul Sound SystemEt, en fait, on fait des soirées aussi bien au Vieux Port (le Repère) que sur la Plaine (l’Intermédiaire, El Ache de Cube, le Balthazar, la Machine à Coudre, le Cosmic Up…). Marseille ne manque pas de lieux de diffusion musicale. On essaye de se produire une fois par mois, bien qu’on ait eu des périodes de routine où il fallait mieux stopper.


On ne passe pas que du Reggae. C’est très varié, car le public est ainsi. Donc y’a du Boogalloo, de la Soul, du Mod Beat, de l’Easy, de la Northern, du French Fuzz, du Garage, de la Funk (Blax) et bien entendu du Jamaïcain. Après, c’est assez cyclique, comme partout je pense. La dernière (en septembre 2008) a était le feu : plein de gens, et qui dansaient, alors que l’avant-dernière (en juin), c’était plutôt piano bar, on aurait pu passer n’importe quoi, les gens étaient au comptoir! Ca dépend de beaucoup de choses. Il y a des lieux ici qui, en fait, ne sont que des bars rock dénués de pistes de danse. Les gens apprécient (sinon je me dis qu’ils foutraient le camp), mais ne peuvent danser! C’est une bonne façon de faire vivre notre passion et ça nous permet de faire des rencontres aussi. Quand le groove est palpable et que tu vois la bonne humeur sur le visage des gens, c’est tout gagné.



T’as eu d’autres époques sound, d’autres crews avec lesquels tu tenais les platines, des toasters (sachant qu’il y en a un très bon par chez vous!)?


Non, ce n’est qu’à Marseille que j’ai pu faire ça. On aimerait bien se coller avec un toaster. On a eu une expérience live avec une chanteuse soul allemande qui venait se poser sur nos riddims, et avec le Trojan Sound System, mais c’est tout.


C’était à Georgie Boy que je pensais pour le toast : je me souviens d’un concert à Salles-Curan, où lui et Charly avaient donné de la voix sur deux ou trois titres que j’avais passé, et j’étais resté bien scotché… Sinon, le Trojan Sound, perso, j’en garde pas un bon souvenir… Plutôt Rub A Dub/Ragga, trop actuel pour moi bien que j’apprécie toutes les périodes JA ; mais trop c’est trop! C’était récemment? Vous vous êtes partagés la soirée ? Le public à priori plus Ragga, etc, a bien réagi à votre sélection ?


Chez les ultras OMPutain j’devais être bien bourré parce que je me souviens pas de Charly et Georges ce soir-là, peut être était-ce le vendredi? Sinon le Trojan Sound c’était une arnaque (de plus) comme le milieu du Reggae nous réserve. Va y est qu’j’te fasse une promo maousse pour te balancer du digital et du Ragga bref pas franchement représentatif de ce que le label Trojan a pu produire.


Le public a fait part de son mécontentement y avait vraiment un malaise palpable, en plus les deux loustics (me souviens plus leur noms) ont joué jusqu'à 3 heures du mat'! Une overdose de daube qui en fait nous a bien servi car tant les gens étaient frustrés que dés le premier morceaux que nous ayons balancé ils s’en sont donnés à cœur joie. C’était au Trolley Bus il devait bien y avoir 400 personnes et j’en garde un excellent souvenir, les deux rosbiffs étaient vraiment mal a l’aise de voir le public à fond lorsque le One Soul a attaqué son set!


Excellent, tu sembles avoir vécu le même martyr que moi lorsque je les ai vus à Paname en 2007. La première fois, bon, j'ai fait "normal" vu le public -et pas le label, comme tu dis-, mais la seconde avec DENNIS ALCAPONE au Bus Palladium, les Dj's se sont trouvés mal tellement on les a pourris! On aura bien rigolé au moins... Pis, même ALCAPONE avait pas l'air franchement satisfait... Pour Salles-Curan, j'ai un doute mais il me semble que c'était en 2001, lorsqu'il y avait les GRANADIANS & Co, mais le vendredi ou le samedi, 'don't remember! Et sinon, la radio, depuis Do The Reggae à Montpellier, plus rien? Y’a ce qu’il faut dans le genre à Marseille?


Il y a quelque années Remi qui tenait le mythique Reggae Shop Disc Over faisait une émission sur Radio Grenouille et lorsqu’il a lâché l’affaire, on avait voulu prendre le relais mais les horaires tardifs et en semaine m’ont refroidi! Peut être devrions nous retenter?



Tu peux nous parler du milieu à Marseille? Si ça se renouvelle ou quoi, quelles sont les tendances, ses rapports avec le foot aussi, qu’il faudrait pas oublier, s’agissant de l’OM!


En arrivant ici y’a douze ans, il y avait pas de Skin tradis hormis Georgie Boy. Laurent Skinny (chanteur des BOF!) était déjà parti vivre en Ecosse, et Steffi Steff à Brest. Mais, en réalité, ici ça n’a pas d’importance : t’es Skin, c’est OK, et ça suffit. La plupart sont dans la Oi! et le foot. Y’a aussi les coreux (UNFIT), mais pas de clivages. Tout le monde se connaît, c’est une grande famille! Quelques gars des Ultras sont Skin et organisent dans leur local des concerts (TROTSKIDS, EVIL CONDUCT, COCKNEY REJECTS) et, bien que ce ne soit pas ma tasse de thé, je suis solidaire de ce qu’ils font. Tout comme eux viennent aux soirées. J’apprécie cet esprit « unite and win »! On a aussi notre lot de bones avec les histoires récurrentes qui vont avec! Tout le monde se connaît et il y a comme partout des ambiguïtés!



Et… Five Pleasures?


5 PleasuresFive Pleasures a été créé pour produire le EP 4 titres des Heatmakers, nos protégés. Je n’ai pas de temps à leur consacrer, malheureusement, et j’espère qu’ils trouveront un manager dévoué pour les booster. Ca a été un coup de cœur, le label n’a pas d’objectif à long terme. Je découvre la production musicale, mais, comme l’organisation de concert, c’est très aléatoire et surtout c’est des risques financiers!


Si toutefois l’initiative porte ses fruits, on pourra produire d’autres références. Ce serait l’idéal, évidemment, de faire vivre cette structure, mais il ne faut pas s’enflammer.


En tous cas, je tiens à remercier les gens qui ont soutenu cette initiative et qui par-là supportent le groupe. Cela fait trois mois que le EP est sorti et beaucoup ont joué le jeu. Un grand merci donc à Arnaud (Jewels Rds), Toni (Liquidator), Klauss (Deep sound), aux Japonais de Rudeness Records, ainsi qu’à Copasetic Rds.



C’est du très bon son en tous cas, jolie présentation : du bon travail!… Quelque chose à rajouter pour terminer?


Merci pour ton activisme, à la prochaine autour d’une bière, portez vous bien!


Keep the faith, Skinhead pour l’éternité!


C’est nickel Five : une bonne tranche de way of life... Merci à toi d’avoir joué le jeu!


Retrouvez les #4 à 8 de Big 5, à lire online ou à télécharger au format .pdf et rendez-vous sur les pages consacrées au One Soul Sound System et au label 5 Pleasures.


SH-Septembre 2008.

Crédit photo: Big 5.



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